Quel est le bilan de la conduite responsable en 2017 ?

Bilan de la conduite responsable en 2017
 

La Fondation Vinci Autoroutes a dévoilé son bilan de la conduite responsable pour l’année 2017, qui intervient dans un contexte de hausse de la mortalité sur les routes depuis 3 ans déjà. Des questions se posent alors comme “comment les Français perçoivent-ils les dangers de la route et leur comportement au volant ?”. De nombreux sondages ont tentés de répondre à ces questions de façon optimale, pour pouvoir mieux sensibiliser les conducteurs aux principes de la conduite responsable

Le ressenti du conducteur : le danger, c’est l’autre

À titre d’information, les conducteurs les plus responsables en France sont situés en Bretagne (13%) et dans le Grand Est (19%) et les moins responsables sont situés à Paris (45%) et dans la région Provence Alpes Côte d’Azur (22%). Mais les conducteurs ont souvent du mal à évaluer leur propre comportement au volant. Ainsi on aboutit à la conclusion que pour la plupart des conducteurs, le danger c’est l’autre et non pas eux-mêmes.

On note alors que 78% d’entre eux se jugent vigilants, 43% calmes, 25% courtois ; ainsi, 96% d’entre eux estiment avoir une bonne conduite, et se donneraient une note moyenne de 7,7/10. À l’inverse, les conducteurs qui reconnaissent leurs défauts au volant sont beaucoup moins nombreux. En effet, seuls 13% s’avouent stressés, 3% agressifs et seulement 1% estiment réellement avoir une conduite “irresponsable” et donc présenter un danger pour les autres.

Les avis sont nettement plus critiques quand il s’agit de juger la conduite des autres. Ainsi, les Français sont 45% à estimer que ce sont les autres qui présentent un danger, et 39% à juger que les autres automobilistes sont dangereux et agressifs.

Des conducteurs de moins en moins courtois envers les autres usagers

Les chiffres de la courtoisie sur les routes sont relativement négatifs car ce sont les suivants

  • 86% des conducteurs ont été stressés ou ont eu peur de l’agressivité d’un autre automobiliste
  • 68% avouent injurier régulièrement d’autres usagers de la route
  • 50% admettent klaxonner de façon intempestive
  • 37% admettent ne pas respecter les distances de sécurité quand l’automobiliste les précédant les énerve
  • 27% déclarent doubler parfois à droite sur l’autoroute, malgré le fait que cela soit fortement déconseillé

Il s’agit de ne pas oublier que la courtoisie au volant fait partie des règles de bonne conduite et que cela est nécessaire pour un partage de la route dans le respect et la sérénité.

Des conducteurs de moins en moins respectueux des règles du code de la route et de la sécurité routière

Dans le contexte de la hausse de la mortalité sur les routes, ces sondages doivent permettre d’alerter et de prévenir en ce qui concerne certains comportements à risque, régulièrement pratiqués malgré les interdictions et les règles du code de la route à ce sujet. Les Français sont notamment :

  • 91% à dépasser régulièrement les limitations de vitesse appliquées
  • 76% à ne pas respecter systématiquement les distances de sécurité
  • 60% à oublier régulièrement d’activer le clignotant lors d’un virage
  • 55% à ne pas ralentir lors d’un passage dans une zone de travaux, alors que cela est fortement recommandé
  • 9% à ne pas mettre systématiquement leur ceinture de sécurité lorsqu’ils sont au volant (pour les passagers, ce chiffre augmente encore, surtout pour ceux situés à l’arrière du véhicule)

Que ces infractions soient commises par inadvertance, par manque de vigilance ou consciemment, il est nécessaire de trouver les moyens de remédier à ces comportements pour faire diminuer le nombre d’accidents mortels sur les routes.

Bilan de l’innatention et de la perte de vigilance au volant

Le danger des objets connectés

À l’époque où les objets connectés sont de plus en plus nombreux et dont les fonctions ne cessent de croître, il peut paraître difficile, voire impossible, pour certains de s’en défaire, et ce même au volant, alors que leur utilisation pendant la conduite comporte un risque majeur.

Le téléphone portable est le premier des objets connectés utilisés par les conducteurs. Il faut savoir que téléphoner au volant n’est pas toujours interdit, deux cas se distinguent :

Téléphoner via un système bluetooth

40% des conducteurs

Ce système comporte quelques risques car il reste une source non négligeable de distraction pour le conducteur

Autorisé

Téléphoner en utilisant son portable

21% des conducteurs

Ce système est dangereux, car en plus de distraire le conducteur, il empêche partiellement ses réflexes physiques

Interdit

Les statistiques démontrent également qu’un conducteur sur deux âgés de 35 ans envoient des SMS ou consultent leur mail au volant, contre seulement 29% des conducteurs plus âgés. On note également que 39% des automobilistes règlent leur GPS tout en roulant et que 17% d’entre eux signalent des événements de la route sur des applications connectées comme Waze pendant qu’ils conduisent.

Néanmoins, la prise de conscience du danger que représente l’inattention au volant prend de plus en plus d’ampleur, ce qui constitue tout de même un point positif, car un conducteur sur deux déclare être conscient des risques que représentent ces comportements.

L’alcool et les stupéfiants au volant

Selon la majorité des Français (67% d’entre eux),les premières causes de mortalité sur les routes sont l’alcool et les stupéfiants au volant, toutefois, ils sont encore quelques 17% à prendre le volant après avoir bu ou après avoir consommé certaines substances illicites.

Les Français sont encore nombreux à prendre le volant après avoir bu 2,5 verres en moyenne alors que le code de la route n’autorise que deux verres et, depuis le 1er juillet 2015, aucun verre pour les conducteurs en période probatoire. Cela constitue donc une prise de risque importante pour soi et pour les autres, d’autant qu’elle est parfois inutile.

En effet, de nombreuses campagnes de prévention préconisent de se faire reconduire, ou de dormir sur place si l’on a trop bu.

On remarque notamment que les hommes sont plus nombreux à prendre ce risque que les femmes (26% pour les hommes contre seulement 16% pour les femmes). Pourtant, 77% des Français empêche une personne qui a trop bu de reprendre le volant.

La somnolence au volant, un danger qui demeure mal maîtrisé

La somnolence est souvent négligée par les conducteurs, pourtant, conduire en étant fatigué peut peut être tout aussi dangereux que conduire en état d’ébriété, car la vigilance et les réflexes sont diminués. Les conducteurs sous estiment les effets de la fatigue au volant, en effet, 33% avouent s’être déjà assoupis en conduisant et 25% ont dévié de leur trajectoire à cause de la somnolence. Par ailleurs, on estime que 45% des conducteurs continuent à conduire même s’ils sont fatigués, bien que cela comporte des risques.

Le nombre d’heures moyen de sommeil d’un conducteur est de six heures, mais pendant les périodes de grands départs, 84% de ceux-ci s’estiment fatigués. Voici quelques conseils pour lutter contre la somnolence au volant :

  1. faire une pause toutes les deux heures pour se reposer, faire une sieste ou simplement prendre un café
  2. si l’on se sent fatigué, se reposer avant le départ voire envisager un autre moyen de transport
  3. se relayer lors des longs trajets
  4. éviter les horaires de nuit (entre 22h et 6h généralement)