Mise à jour : 15/05/2018 (il y a 3 semaines).

Devrait-on adopter la tolérance zéro en matière d’alcoolémie au volant ?

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Historique de la réglementation en terme d’alcoolémie

L’abaissement de l’alcoolémie autorisée au volant à 0, 2 grammes (soit 0 verre d’alcool) figure parmi les mesures encore en débat actuellement. La question se pose surtout étant donné que le taux autorisé pour les conducteurs en période probatoire a déjà été abaissé à 0, 2 grammes le 24 juin 2015. Ce taux maximal autorisé était également de 0, 2 grammes pour les conducteurs de transport en commun depuis 2004.

Doit-on alors généraliser ce taux à tous les conducteurs ? Notons que l’alcoolémie autorisée au volant est de 0, 5 grammes actuellement, et ce depuis le 29 août 1995, il était de 0, 8 grammes depuis le 8 décembre 1983. La première règlementation concernant un taux légal date de 1970 avec un slogan encore bien connu : “boire ou conduire, il faut choisir”.

Qui s’oppose à cette éventuelle mesure ?

La résistance provient principalement du monde de l’alcool, en effet, de nombreux lobbies s’étaient déjà opposés à la loi Evin de 1991 destinée à lutter contre l’alcoolisme et le tabagisme. Les conducteurs s’opposent également à cette mesure, qui les empêcherait de conduire après avoir bu un seul verre avec des amis par exemple.

Qui est en faveur de cette mesure ?

Au contraire, les associations de prévention et de lutte contre l’insécurité routière encouragent largement ce projet, en avançant que les restrictions concernant l’alcool au volant sont encore trop laxistes, notamment en ce qui concerne les contrôles routiers, pas assez fréquents ni assez systématiques (seul un véhicule sur cinq est arrêté en moyenne).

En quoi ce projet est-il pertinent ?

Ce projet de réglementation est d’autant plus pertinent que l’on estime qu’un conducteur ayant bu a 100 fois plus de chances de provoquer un accident qu’un conducteur sobre, par ailleurs, l’alcool est responsable de 33% des accidents mortels sur la route en moyenne. L’alcool a des effets négatifs sur la conduite, en effet, même à des taux inférieurs à 0, 5 grammes par litre, il désinhibe, entraîne une diminution de la vigilance et une perte de contrôle. Toutefois, à 0, 2 grammes par litre, on estime que le conducteur a “seulement” deux fois plus de chances de provoquer un accident, ce qui comparé au chiffre cité précédemment, serait un progrès incontestable.

Notons également que les effets de l’alcool, combiné à ceux de stupéfiants ou de médicaments, sont encore plus dangereux, or, il existe encore des conducteurs qui ne lisent pas attentitvement la notice avant de prendre des médicaments et de conduire.

Une réglementation très stricte dans de nombreux pays

Dans des pays comme la Grande Bretagne ou la Suède, les mesures concernant l’alcoolémie au volant sont très strictes (0, 2 grammes étant la limite autorisée), et ces pays ont connu une réduction significative du nombre d’accidents (dont les accidents mortels) causés par l’alcool. Outre l’alcoolémie maximale autorisée qui est très faible, les sanctions sont également beaucoup plus lourdes, ce qui dissuadent les conducteurs de prendre le volant après avoir bu.